Bonjour à tous, voici les news tech et business chinoises de la semaine qu’il ne fallait pas louper. →

LES NEWS DU JOUR

1) Recharger sa voiture électrique en 3 minutes devient possible.

  • C’est la promesse du plus grand fabricant mondial de batteries pour véhicules électriques, le géant chinois CATL. Lors de sa conférence technique majeure “Super Tech Day“ le 21 avril dernier, l’entreprise y a dévoilé 4 nouvelles batteries, dont la Shenxing 3e gen. qui atteint 80% de charge en 3 minutes 44.

  • CATL a également annoncé un réseau de 4000 stations supercharge + échange de batterie combinées (V2G) d’ici fin 2026, couvrant près de 190 villes chinoises.

  • Niveau business c’est très fort car les stations ne sont pas uniquement des points de service. En arbitrant le coût de l’électricité avec la recharge de batteries (charger en heures creuses et vendre en heures pleines), chaque station devient une mini centrale profitable.

  • C’est ce que NIO fait déjà plus ou moins à son échelle, sauf que CATL qui, n’étant pas un constructeur auto, va certainement tenter de négocier la compatibilité native de ses batteries avec les constructeurs concurrents.

  • Là ou c’est très smart, c’est que leur vision systémique du business leurs permettent de maîtriser et de prendre leur part dans toute la chaîne de valeur, de la fabrication des batteries, à leur exploitation.

2) Tencent confie son plus petit modèle IA à un ancien employé d’OpenAI.

  • Pour le contexte, Tencent (WeChat) avait longtemps semblé en retrait dans la course aux grands modèles d’IA en Chine, son modèle HY 2.0 n’ayant pas vraiment marqué les esprits.

  • Après une reconstruction complète de leur infrastructure d’entrainement il y’a 2 mois, Tencent dévoile leur nouveau modèle open source, “HY3-Preview”, leur plus petit à ce jour. Il compte 295 milliards de paramètres, mais seulement 21 milliards sont “actifs” à chaque requête, ce qui permet de réduire drastiquement les coûts d’usage (~0,15€/1M tokens). L’idée c’est que seule une fraction spécialisée du modèle se mobilise pour chaque tâche, grâce à une architecture MOE (Mixture of Experts).

  • Faire plus avec moins de paramètres, c’est précisément la direction qu’a initié DeepSeek depuis fin 2024. Tencent semble l’avoir intégrée, l’efficacité computationnelle devient un critère de compétitivité à part entière.

  • Aussi, détail important, un ancien chercheur d’OpenAI figure à la tête du projet. Ce qui suggère que Tencent, via des recrutements de A-players internationaux, souhaite rapidement monter en puissance.

3) Un datacenter dans l’espace lève $8 Milliards.

  • La startup pékinoise à l’origine du projet a obtenu un soutien financier massif de l’Etat Chinois : 8,4 Milliards de dollars sous forme de ligne de crédit. Cet investissement s’inscrit dans une initiative plus large de la Chine visant à développer une infrastructure de calcul spatiale, qu’elle considère visiblement comme un grand enjeu de souveraineté technologique.

  • À court terme, ces fonds financeront le développement des prototypes et le premières missions de test. A moyen terme, si la tech est validée, la Chine aspire à dominer la compétition du cloud spatial.

  • Ce qui en ressort, c’est que le calcul spatiale présente des avantages théoriques, notamment l’accès à l’énergie solaire en continu, la dissipation thermique dans le vide, et une position géographique permettant de couvrir n’importe quel point du globe.

  • La course aux infrastructures spatiales commerciales s’est accélérée avec Starlink. La Chine développe déjà son propre réseau de satellites à large bande (Guowang), et explore désormais des usages plus avancés. La prochaine guerre technologique se joue peut-être à 500km d’altitude.

4) La Chine met un prix sur la connexion entre le cerveau humain et la machine

  • L’Administration nationale de l’assurance maladie chinoise a publié ce 23 avril un cadre tarifaire officiel pour les interfaces cerveau-machine, allant de 123€ pour une interface non-invasive portée sur la tête, et jusqu’à 850€ pour une implantation chirurgicale.

  • Comme à son habitude, la Chine régule rapidement pour favoriser le développement et la recherche. Un cadre tarifaire permettra notamment aux entreprises chinoises développant ces dispositifs de garder une visibilité sur leur ROI.

  • Côté clients, des hôpitaux chinois pourraient commencer à proposer ces implants à grande échelle dans les prochains mois. Si l’assurance maladie les intègre à terme, ça démocratiserait l’accès à une technologie encore réservée à quelques patients pilotes dans le monde.

  • Au même titre qu’Airbnb qui permet de louer sa maison, des panneaux solaires de vendre son électricité, peut-être qu’un jour, il sera possible de vendre un peu de sa capacité cérébrale, via un SAAS développé par les fabricants de ces implants.

5) Le congrès américain veut verrouiller définitivement l’accès de la Chine aux puces avancées

  • Le SCALE ACT impose un plafond de verre à Chine, les USA n’exportent vers la Chine que des puces dont les performances ne dépassent pas de 10% ce que qu’elle est capable de produire elle même. L’objectif étant de s’assurer que l’écart technologique de ne se referme pas.

  • Washington cherche à fermer plusieurs brèches de contournement chinoises qu’ils ont identifiées, dont la distillation de modèles IA, qui permet notamment d’extraire les capacités d’un grand modèle sans accéder au hardware qui l’a entraîné.

  • En parallèle, les États-Unis pressent les Pays-Bas pour bloquer ASML, (seul fabricant mondial des machines à graver les puces), de livrer à la Chine un modèle DUV légèrement bridé, conçu pour contourner les règles existantes.

  • Mais malgré ça, dans le même temps, Huawei sort un chip 7nm à partir de machines moins avancées, et DeepSeek produit un modèle frontier à la fraction du coût supposé. La contrainte accélère l’innovation, et à en regarder la stratégie souveraine et technologique du pays, le vrai risque à terme pour Washington, c’est que la Chine n’ait plus besoin de ses puces.

C’est tout pour aujourd’hui. Je vous remercie pour votre confiance, on se retrouve la semaine prochaine.

Y.

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